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Je suis toujours curieux de découvrir les visions des uns et des autres sur le tarot de Marseille, les sciences hermétiques (alchimie, astrologie, théurgie) ou l’ésotérisme.

Aujourd’hui, avec les moyens de communication à notre disposition, il est très facile d’échanger des informations avec pas mal de monde, autant lors de rencontres dans la “vraie vie” que via des blogs, des sites, des forums spécialisés, Facebook, vidéos YouTube, etc… 

Cela étant dit, je reste en général en retrait et, en dehors de mes ateliers de formation, je ne cherche pas à prendre part aux débats ou à présenter ma vision des choses… mais ça, c’était avant.

En effet, il y a autant d’approche de ces disciplines qu’il y a de pratiquants et je crois qu’il n’est pas bon de laisser toute la place à certaines conceptions qui peuvent donner l’impression de détenir la “vérité” (considérant que la vérité est ailleurs, c’est fort… X-Files : Aux frontières du réel).

Tarot : avec ou sans les lames mineurs ?

Cela fait un certain nombre de fois que l’on me demande, lors de mes ateliers notamment, pourquoi je n’utilise que les lames majeures du tarot de Marseille dans mes consultations.
 
Je crois qu’il est temps d’apporter quelques éclaircissements sur mon approche dans ce domaine et quoi de mieux que cet article pour le faire ?
 
Avant d’aller plus loin, quelques remarques en préambule.
  •  Pour dire la vérité, lors d’une consultation, j’utilise tout un ensemble d’outils comme : la numérologie, l’astrologie, un indispensable sens de la psychologie, quelques autres techniques ésotériques qui ne regardent que moi et…. les 22 lames du tarot de Marseille qui est mon support de prédilection, mon guide, mon maître, mon ami.
  • Deuxième remarque: les lames majeures du tarot de Marseille n’ont absolument pas besoin d’outils complémentaires pour “fonctionner” mais pourquoi se priver de techniques particulièrement puissantes qui me passionnent et font partie de ma “boite à outils” personnelle ?
  • Troisième point : depuis quelques décennies que j’évolue dans les domaines de l’ésotérisme et de la spiritualité, j’ai souvent été très surpris par l’esprit dogmatique que l’on pouvait y trouver (cela devrait être tout le contraire).
Bien sûr, ce n’est pas toujours le cas (heureusement) mais il y a un nombre impressionnant de praticiens dans les différents domaines cités plus haut qui estiment avoir “tout compris” et rejettent (parfois de manière violente) les approches différentes des leurs.
 
Quelle chance ont-ils d’avoir vu la lumière et de connaître la vérité…. personnellement, j’en suis encore à : “Je sais que je ne sais rien” (Socrate) ou, pas mal non plus, “Maintenant je sais, je sais qu’on ne sait jamais”. (Jean Gabin).
 
Juste pour le plaisir, voici les paroles complètes :
"Quand j’étais gosse, haut comme trois pommes,
J’parlais bien fort pour être un homme
J’disais, JE SAIS, JE SAIS, JE SAIS, JE SAIS

C’était l’début, c’était l’printemps
Mais quand j’ai eu mes 18 ans
J’ai dit, JE SAIS, ça y est, cette fois JE SAIS

Et aujourd’hui, les jours où je m’retourne
J’regarde la terre où j’ai quand même fait les 100 pas
Et je n’sais toujours pas comment elle tourne !

Vers 25 ans, j’savais tout : l’amour, les roses, la vie, les sous
Tiens oui l’amour ! J’en avais fait tout le tour !
Et heureusement, comme les copains, j’avais pas mangé tout mon pain :
Au milieu de ma vie, j’ai encore appris.
C’que j’ai appris, ça tient en trois, quatre mots :
« Le jour où quelqu’un vous aime, il fait très beau,
j’peux pas mieux dire, il fait très beau !

C’est encore ce qui m’étonne dans la vie,
Moi qui suis à l’automne de ma vie
On oublie tant de soirs de tristesse
Mais jamais un matin de tendresse !

Toute ma jeunesse, j’ai voulu dire JE SAIS
Seulement, plus je cherchais, et puis moins j’ savais
Il y a 60 coups qui ont sonné à l’horloge
Je suis encore à ma fenêtre, je regarde, et j’m'interroge ?

Maintenant JE SAIS, JE SAIS QU’ON NE SAIT JAMAIS !
La vie, l’amour, l’argent, les amis et les roses
On ne sait jamais le bruit ni la couleur des choses

C’est tout c’que j’sais ! Mais ça, j’le SAIS… !"

Cela étant dit, après cette balade artistique, revenons à nos moutons.

Je crois que chaque méthode est intéressante, que toutes les sensibilités ont leur place dans la pratique du tarot, que personne n’a complètement raison et, par conséquent, personne n’a vraiment tort.
Les adeptes qui rejettent une méthode différente de la leur, qui rejettent l’aspect projectif (ou divinatoire) du tarot ou, au contraire, les capacités psychologiques de cet incroyable outil, ont loupé un virage.

Mon cheminement tarologique

Quelques mots concernant mon évolution personnelle dans ce domaine car je crois que cela a de l’importance pour aborder le sujet d’aujourd’hui.

Au fil des années, je suis passé par plusieurs étapes concernant ma pratique. 

J’ai étudié et pratiqué le tarot avec les 78 lames à l’endroit comme à l’envers durant plusieurs années. J’ai suivi les cours d’une tarologue de renom qui utilisait et enseignait cette façon de faire.

Cela fonctionnait et c’était efficace…. mais je sentais que ce n’était pas pour moi.

Tout d’abord, sur un plan pratique, manipuler 78 cartes n’est pas facile et demande pas mal d’espace et une dextérité de prestidigitateur. 

Comme il m’arrivait (souvent) de tirer les cartes sur un coin de table dans un café ou ailleurs, ce n’était pas simple (juste en passant, effectuer des tirages “éclairs” dans des cafés ou autres, c’est parfait pour faire ses armes en tant que tarologue amateur).

Cet aspect très terre à terre n’est pas l’aspect central de mon changement mais c’est à noter malgré tout et je tenais à en parler.

L’étape suivante a été la découverte des ouvrages d’un tarologue de grand talent, de nationalité canadienne (franco-cannadienne pour être juste), à savoir Kris Hadar. Ce dernier utilise le tarot avec uniquement les lames majeures à l’endroit comme à l’envers et sa méthode est particulièrement bien construite (cela ne veut pas dire qu’il rejette les lames mineures, ce qu’il précise dans un de ses ouvrages, mais sa méthode professionnelle repose sur l’usage unique des lames majeures).

J’ai travaillé sa méthode avec un grand sérieux, beaucoup d’investissement personnel et durant un bon moment. J’ai aussi échangé avec certains de ses élèves concernant leur approche du tarot et de la numérologie à 22 nombres (via le net… c’est loin le Québec) et cela m’a beaucoup apporté.

Bien évidemment, j’ai effectué un (très) grand nombre de tirages pour m’imprégner de sa pratique autrement que sur un plan intellectuel car, en dessous de ce niveau d’investissement personnel, il n’est pas possible d’avoir une vision concrète de la méthode étudiée (je renvoie les tarologues passionnés à ses ouvrages qui méritent vraiment d’être lus)… mais je sentais que quelque chose me dérangeait.

Par conséquent, il me fallait reprendre mon bâton de pèlerin comme le Mat me le suggérait…

J’en suis venu à chercher des professionnels reconnus et de talent utilisant uniquement les lames majeures à l’endroit. En effet, comme vous l’avez certainement compris, je ne me suis jamais vraiment fait à l’emploi des lames endroit-envers, même avec les lames majeures uniquement.

Pour moi, le tarot est un livre d’images qui parle à l’inconscient (mais pas seulement) et je ne me vois pas lire des bandes dessinées à l’envers (j’ai toujours aimé les classiques de la bande dessinée).

De plus, sur le plan des ondes de forme et des énergies qui s’en dégagent, il y aurait pas mal à dire…. mais ce n’est pas la question du jour et relève d’un enseignement tarologique plus “ésotérique”.

De ce fait, j’ai suivi des cours sur Paris durant plusieurs années qui m’ont vraiment permis de découvrir, comprendre et tester cette vision des choses et j’ai compris que cette approche était redoutable sur bien des points et me convenait parfaitement.

Pour terminer, je suis devenu l’élève et l’ami de Florian Parisse, voyant et tarologue parisien que je ne présente plus mais que je considère comme un très grand du tarot.(https://florianparisse.com/accueil/)

Avec son soutien et l’étude des techniques qu’il utilise, qu’il a testées durant plusieurs décennies et plusieurs milliers de tirages et de consultations, il m’a été possible de finaliser mon parcours. Aujourd’hui, j’utilise principalement sa méthode même si, bien évidemment, j’y apporte ma vision et mon expérience personnelle (considérant que nos approches dans quelque domaine que ce soit évoluent au gré de nos savoirs, c’était inévitable et certainement souhaitable).

Voilà pour le parcours, je ne sais pas si c’était indispensable d’en parler mais je voulais faire comprendre que l’évolution ne s’est pas faite en quelques mois mais qu’il s’agit d’un cheminement et d’un travail intérieur de longue haleine.

D’ailleurs, si je devais faire une rapide synthèse des différentes méthodes de lectures projectives (ou divinatoires) du tarot, voici ce que je dirais.

1/ lames endroit-envers : les lames à l’endroit sont à prendre sous un aspect positif et les lames à l’envers, fort logiquement, sous un aspect négatif (ou comme un manque, un élément extérieur contraignant, etc...).

2/ lames uniquement à l’endroit : le positionnement des lames est à prendre en considération afin d’apporter un éclairage positif ou négatif. Par convention et méthode de lecture, j’attribue à telle position dans mon jeu une orientation négative ou positive (même si aucune lame n’est foncièrement positive ou négative… ce serait trop simple, mais ne nous égarons pas).

3/ lames endroit-envers avec calcul des lames occultes (méthode Kris Hadar) ou lames endroit uniquement avec calcul des lames occultes (méthode Bruno de Nys et quelques autres qui utilisent cette méthode… mais se gardent bien d’en parler). J’effectue des calculs qui permettent de voir apparaître des répétitions de lames qui donnent souvent (toujours) des informations précieuses sur le consultant (sa psychologie) ou sur le déroulement des événements à venir.

4/ lames endroit uniquement avec, et en plus des points précédents (c’est à dire le positionnement des lames et le calcul des lames occultes), un travail approfondi au niveau de la lecture des binômes ou des trinômes (méthode Florian Parisse).

D’ailleurs, en passant, une des bases du tarot est de toujours lire une lame en relation avec au moins une autre, jamais seule.

Il y aurait de quoi développer mais ces quelques explications sommaires permettent déjà de voir que la méthode utilisée a une importance capitale, qu’il est incontournable de ne pas faire l’impasse sur une réflexion de fond et que le nombre de cartes utilisées n’est pas le saint Graal de la bonne méthode.

Par conséquent, non, il n’est pas indispensable d’utiliser les arcanes mineures pour réaliser des consultations autant amateures que professionnelles. Les lames majeures et les aspects techniques, psychologiques, projectifs qu’elles sous-entendent permettent de répondre à toutes les questions que l’on peut poser à un tarologue-taromancien.

Les symboles présents dans les arcanes majeurs sont d’une force et d’une profondeur infinie et permettent d’effectuer un incroyable chemin personnel que l’on est loin d’imaginer la première fois que l’on tient un tarot dans les mains.

Encore une fois, cela ne veut pas dire que les lames mineures ne sont pas intéressantes mais affirmer qu’un tarologue qui ne les utilise pas ne peut pas faire de consultations de qualité ou devenir professionnel, cela en est presque ridicule.

D’ailleurs, il est toujours bon d’élargir ses connaissances et, comme le disait un poète bien connu (Virgil, pour ne pas le nommer) “on se lasse de tout, sauf d’apprendre”. Par conséquent, étudier les lames mineures est une bonne chose pour un tarologue mais ne pas les utiliser n’est en aucun cas rédhibitoire.

Qu’est-ce qu’un tarologue ?

J’en profite pour rappeler la différence entre les différents termes souvent utilisés par les spécialistes et amoureux du tarot de Marseille.

Tarologue : il s’agit d’un praticien qui étudie le tarot dans son ensemble, c’est-à-dire sous ses aspects historique, psychologique, symbolique, projectif (ou divinatoire), spirituel et ésotérique.

Taromancien : c’est la même chose que la ou le cartomancien(ne), il s’agit de l’utilisation du tarot sous son seul aspect projectif (ou divinatoire).

Pour être juste, on devrait utiliser le terme de taromancien pour un praticien qui utilise le tarot sous un aspect divinatoire (l’équivalent du cartomancien ou de la cartomancienne) et le terme de tarologue pour un pratiquant qui ajouterait à l’aspect projectif les aspects précédemment cités (à savoir, psychologique, philosophique, ésotérique, historique, énergétique, etc…).

A savoir que les consultants viennent, dans une très large majorité, voir le taromancien et n’ont que faire du tarologue.

Juste pour information, on trouve aussi les termes de coach intuitif, coach de vie, psycho-tarologue et d’autres encore. Il s’agit de visions différentes qui méritent un intérêt certain mais nous sortons du sujet de départ.

Précisions également concernant les remarques qui disent : “oui, mais ces méthodes sont trop cérébrales et ne permettent pas aux facultés intuitives (ou de voyance) de s’exprimer”.

J’ai l’habitude d’y répondre que, dans un premier temps, et pour un débutant, nous avons 80 % de technique et 20 % d’intuition puis, avec le temps, c’est le contraire, 20 % de technique et 80 % d’intuition (ou de facultés de voyance).

L’avantage est que, les “jours sans”, vous aurez toujours une technique sûre et fiable vous permettant de faire des consultations de qualité pour le consultant (qui n’a pas à supporter les jours où les facultés intuitives sont moins aiguisées).